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Thérapie Brève Systémique |
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La thérapie brève est connue sous une série de dénominations différentes : on la dit stratégique, relationnelle, systémique, familiale, orientée solutions, orientée problème. On parle également de l'école de Palo Alto en se référant au la ville californienne où se trouve le Mental Research Institute (MRI), représenté en Belgique par l'Institut Gregory Bateson (IGB).
Aujourd'hui, 50 ans après sa naissance, la méthode est toujours aussi peu conventionnelle qu'elle l'était à ses débuts, quand le MRI passait encore pour une école d'anti-psychiatrie dont Milton Erickson, Gregory Bateson, Jay Haley, John Weakland et Paul Watzlawick sont les inspirateurs, fondateurs et théoriciens les plus connus.
Une approche orientée solution dans "l'ici / maintenant" s'écarte assez radicalement de certaines notions de la psychologie, de l'étiologie ou encore de la typologie.
La question n'est plus "qui" ni "comment" nous sommes. Elle est encore moins de savoir "pourquoi" nous serions ainsi. Tout en reconnaissant que notre histoire nous a "formés", le psychothérapeute cherchera plutôt à induire de nouvelles expériences qui peuvent nous changer.
Dépression, phobie, anxiété, angoisse, stress post-traumatique, trouble du comportement alimentaire, deuil.. il peut sembler très ambitieux de vouloir changer des situations complexes en peu de séances et en peu de temps.
Pourtant la thérapie brève ne se veut pas une simple intervention au niveau des symptômes, comme l'est pratiquement toujours une médication. En agissant sur l'environnement (le système) et les interactions redondantes elle introduit un changement durable.
Partant du constat que tout "jugement" d'une personnalité suppose un "juge", la vision systémique remet en question toute notion d'objectivité pour situer tant le problème que sa solution dans les interactions entre les personnes.
La philosophie qui sous-tend ce regard est le "constructivisme radical" qui veut que toute perception de la réalité est une construction et que l'observateur ne peut prétendre à une neutralité quelconque.
Ni normative, ni pathologisante
L'une des positions les plus remarquables de l'école de Palo Alto est l'absence, du moins en théorie, de toute référence à une quelconque "normalité" dont découle également la vision selon laquelle une relation peut être pathologique sans qu'une personne souffre, pour autant, d'une pathologie.
Plutôt que de désigner un "patient" qui devrait "guérir" d'une "maladie", le thérapeute cherchera une alliance avec une ou plusieurs personnes désireuses d'agir pour produire un changement salutaire.
Il se peut ainsi qu'une situation qui semble cause souffrance à une personne change durablement grâce à l'intervention d'une autre. A aucun instant, la préoccupation n'est de savoir qui "cause" le problème. Elle est, au contraire, de donner le moyen d'agir à celle ou celui qui détient une clé de sa solution.